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Résumé
Sortie en salle le 10 février 2010
Réalisé par Nikita Mikhalkov
Casting Nikita Mikhalkov, Sergueï Makovetsky
Genre Divers (Aucune)
Durée 2 heure 30 minutes
Moscou, de nos jours. Dans un gymnase transformé en salle de délibération, douze hommes que tout sépare doivent décider du destin d'un jeune Tchétchène accusé du meurtre de son père adoptif, un officier russe.
Ils sont donc douze. En quelque sorte, les douze apôtres de la justice. Ils doivent rendre leur verdict dans un procès dont l'issue ne fait pas de doute. Oui, ce jeune Tchétchène est bien coupable du meurtre de son père adoptif, un citoyen russe auquel il a volé ses économies.
Mais l'affaire est trop évidente. Un juré est sceptique, il ne croit pas à cette justice expéditive. Il juge l'accusé non coupable. Et il s'explique, alors que le verdict doit être rendu à l'unanimité, sans qu'il y ait possibilité de faire appel: « Je veux en parler un peu, au moins... » Peu à peu ses arguments vont ébranler les certitudes de tous ses collègues.
Bien sûr que ça vous rappelle quelque chose. Un certain Douze hommes en colère que Sidney Lumet avait adapté d'une pièce de théâtre à succès. Ici c'est Nikita Mikhalkov qui reprend le canevas pour y fixer un tableau critique et analytique de la société de son pays.
On connaît tous l'issue de ce délibéré prenant et agité, mais c'est son déroulé qui en fait la force, l'émotion, la rudesse. On pourra estimer que le récit est inutilement long. Et ce huis-clos, dans le gymnase délabré d'une école de quartier, un peu statique malgré les évolutions de la caméra. Mais le metteur en scène, qui s'octroie par ailleurs le rôle de président du jury, en brise la monotonie à coup de flashbacks saisissants sur des scènes de la guerre en Tchétchénie et de regards sur l'attente du jeune accusé dans sa cellule. Images vives et troublantes, qui font écho à un propos tout aussi dense et violent. Parce qu'à tellement analyser l'attitude de l'autre, on finit par s'interroger sur son propre comportement. Chaque juré instruit son procès dans un grand déballage collectif. Ici une magouille, là une traîtrise, ailleurs un acte raciste, ils sont les uns et les autres un concentré de toutes les déviances qui saignent le pays. Leur mauvaise conscience individuelle devient un tableau de société. C'est toute la Russie d'aujourd'hui qui s'accuse de ses maux.













